Pourquoi j’ai arrêté la pilule sans projet bébé ?

pilule ; arrêt pilule

Vous connaissez le terme « perturbateur endocrinien » ? Il est souvent associé aux pesticides. Du coup, on a du mal à imaginer que certains médicaments en sont. C’est le cas de la pilule. Comme d’autres produits de synthèse à visée d’hormonothérapie, tels que les traitements hormonaux de la ménopause, les antidépresseurs ou diverses chimiothérapies…

Décembre 2018 : clap de fin 

J’ai été sous pilule pendant 16 ans et j’ai décidé d’avaler celle qui serait la dernière de toute ma vie en décembre dernier (2018). Je mange bio. J’applique sur mon corps et mon visage des produits naturels qui pour la plupart coûtent un bras. Je vais au sport tous les jours… Cela n’avait vraiment plus aucun sens que je continue d’ingurgiter cette M****E, 21 jours par mois.

On rembobine 

Dès mes premières règles vers l’âge de 12 ans (oui, elles sont arrivées très jeûne chez moi), je souffrais beaucoup. Tellement que j’ai le souvenir de nuit passées sur le carrelage de la cuisine de mes parents afin de m’y soulager par le froid. Puis vers 16 ans, on me prescrit la pilule pour soigner mon acné et calmer mes douleurs pelviennes. Idem pour bon nombre de mes copines à l’époque. Aussi loin que remontent mes souvenirs, aucune de nos gynécologues, ne nous a jamais alerté sur le fait que la pilule est quand même classée cancérigène de catégorie 1. Oui, vous avez bien lu ! Pour les seins, le foie, le col de l’utérus et les voies biliaires, selon le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) depuis 2005. Bien qu’on en parle beaucoup plus aujourd’hui, je reste persuadée que la majorité des femmes, quand on leur prescrit leur pilule, n’ont pas cette information-là. Je ne l’ai en tout cas jamais eu. Jusqu’à ce que je commence à faire mes propres recherches.

Les effets secondaires de la pilule 

La pilule est un traitement actif, qui a de nombreux effets secondaires. J’ai connu les ballonnements, les migraines, les douleurs aux seins, la prise de poids, la dépression (plus ou moins) passagère car oui, les hormones et les émotions sont intimement liées… Pour ma part, j’ai eu le malheur d’avoir des passages assez violents. On m’avait vanté qu’en plus des rapports sans risque de grossesse, ma pilule allait m’enlever mon acné et mes douleurs de règles. Mais on s’était bien gardé de me mettre en garde contre ces effets toxiques !

Pourquoi les 3/4 des gynécologues font-ils mal leur travail ? 

Le gynécologue doit prescrire des examens avant toute prise, et revoir la patiente trois mois après. J’ai pris entre 5 et 10 pilules différentes ces 16 dernières années. Je n’ai jamais eu le droit à des examens. En revanche, si je ne supportais pas une pilule et ce fut le cas avec Diane 35, qui m’alourdissait les jambes et me provoquait fatigue et migraine, ma gynécologue m’en prescrivait une autre avec une facilité déconcertante. Et ça, toujours sans aucun examen ! Il ne faut pas délivrer la pilule à une fille migraineuse ni à une fille qui fume, ni s’il y a un cas d’AVC dans sa famille. J’étais migraineuse et je fumais ! Ma gynécologue et mon dermatologue le savaient puisqu’ils m’ont posés la question, ma réponse ne les a pourtant pas empêché de me la prescrire.

Car oui, le dermatologue aussi prescrit la pilule en un tour demain ! C’est tellement grotesque qu’en écrivant ces lignes aujourd’hui, je préfère en rire. Mais je réalise aussi le drame et le ridicule de la situation. J’ai quand même envie de dire à tous ces médecins que la pilule n’est pas un bonbon. Il serait peut-être temps de revoir la manière dont les patientes sont traitées en France en terme de pilule contraceptive.

Avec la pilule, plus d’acné ni de règles douloureuses. Mais jusqu’à quand ?

Avec cette satanée pilule mon acné s’envole et mes règles douloureuses par la même occasion. Sur le papier c’est une embellie. En réalité, c’est un leurre. La pilule c’est comme mettre un pansement sur une plaie qu’on ne soigne pas. Le pansement vient cacher la plaie et non pas la guérir ni la cicatriser. Quand on retire le pansement la plaie est toujours là. Le jour où on arrête la pilule, la plupart du temps les boutons et les douleurs reviennent. Il faut donc penser à traiter ces problèmes (peau and co) avec des traitements spécifiques et il y en a beaucoup dont des naturels. Si cela vous intéresse, je pourrai faire un papier sur ce sujet. En arrêtant ma pilule en décembre afin de libérer mon corps de toutes ces hormones chimiques et afin de le laisser travailler naturellement, j’étais terrorisée par le fait de me retrouver à 30 ans passé avec une peau d’adolescente ! C’est le cas de la majorité des filles qui ont pris des pilules de 3e ou 4e génération pendant plusieurs années (celles qui « soignent » l’acné).

pilule ; arrêt pilule

Les effets secondaires passagers liés à l’arrêt de la pilule

C’était ma hantise et pourtant je n’ai à ce jour pas eu le droit à un retour de boutons disgracieux. En revanche, j’ai vécu et je vis encore certains trucs pas cool du tout ! Par exemple des nausées à certaines périodes du cycle, oui tout à fait comme une femme enceinte ! Mais aussi mes douleurs pelviennes qui sont elles revenues en force. Je suis en train de travailler dessus avec le yoga kundalini, le yoga de la fertilité et je vais bientôt aller tester le yoga des hormones.

Très vite j’ai également eu le droit à une odeur de transpiration. Moi qui n’ai jamais d’odeur de sueur (et ça tombe bien vu tous le sport que je fais), j’ai trouvé ça particulièrement insupportable. Heureusement ce symptôme s’est très vite atténué au bout de quelques semaines (ouf je sens  à nouveau la rose 🌸).

L’effet secondaire le plus désagréable et auquel je ne m’attendais pas du tout a été l’importante chute de cheveux que j’ai eu en février. Car oui quand les hormones travaillent, elles jouent sur la transpiration, les odeurs et entre autres les poils !

Certaines filles se retrouvent avec des poils qui poussent un peu n’importe où ! Pas vraiment super réjouissant comme programme ! Mes poils ont été épargnés mais pas mes cheveux. Si cela peut vous rassurer, avec un traitement de choc les choses se sont arrangés au bout d’un mois. J’ai des petites repousses depuis quelques semaines.

Je suis également passée par quelques semaines à fleur de peau durant lesquelles j’étais franchement pas mal déprimée. Je pouvais me mettre à pleurer devant une pub à la télévision. Mes émotions en pagailles étaient en plus couplées à une baisse de ma Vitamine D (un autre effet secondaire courant lié à l’arrêt de ma pilule) qui m’a affaibli et fait chopper tous les virus qui passaient. Un cauchemar !

Prendre son mal en patience

Tous ces effets sont passagers, différents et plus ou moins forts d’une femme à l’autre. Voir inexistants pour les plus chanceuses. Pour celles qui y ont droit, comme je l’ai lu dans de nombreux témoignages, ils peuvent être très mal vécus.

Je suis vraiment plus que compatissante et compréhensive avec les filles qui se retrouvent avec des kystes d’acné sur le visage, le coup ou le décolleté. Bien souvent, elles n’en peuvent plus et finissent par reprendre la pilule pour qu’ils disparaissent. Je comprends, si cela vous arrive sachez qu’il y a des solutions et qu’au bout du tunnel il y a de la lumière. Alors si vous y arrivez, prenez votre mal en patience. Je sais que c’est plus facile à dire qu’à faire. Mais gardez bien en tête que tout rentrera dans l’ordre dans quelques semaines ou mois.

Les bons points liés à l’arrêt de la pilule

Il y a aussi des trucs chouettes qui apparaissent rapidement quand on arrête la pilule. Comme la remontée de la libido ! Pour celles qui n’ont connues les rapports sexuels que sous pilule, vous verrez que sans c’est souvent assez spectaculaire.

Il a aussi une perte de poids et une disparition de la cellulite. Oui, oui disparition pour ma part, vous avez bien lu ! Attention, je reprécise que chaque corps est unique et que nous n’avons pas toutes les mêmes symptômes.

J’ai souffert de nombreux états dépressifs sous pilules, dont certains franchement lourds. Seulement 4 mois sans et je vais beaucoup mieux. J’ai lu de nombreux témoignages à ce sujet. Certaines filles ont même vu leur humeur s’améliorer en une semaine.

Il y a aussi le fait de se reconnecter à ses émotions. C’est un bonheur je ris et je souris beaucoup plus, je pleure aussi parfois plus facilement… En fait, je réalise que j’étais comme anesthésiée durant toutes ces années sous pilule. C’est un peu comme-ci je retrouvais mes sensations de l’enfance. Je suis plus facilement émerveiller et plus sensible aux choses qui m’entourent. Bref, je kiffe !

Pour en savoir plus sur la pilule et ses effets négatifs, je vous recommande vivement de lire J’arrête la pilule de la journaliste indépendante Sabrina Debusquat.

5 Commentaires

  1. Fab dit : Répondre

    Très intéressant ! La question que tu n’abordes pas cependant et qui me semble primordiale dans le choix de prendre la pilule ou non est est-ce que tu es dans une relation suivie… ça me semble bcp plus simple d’arrêter la pilule lorsqu’on est célibataire, c’est autre chose dans le cadre d’une relation ! En tt cas c’est un point à révéler pour être complètement transparente et si tu souhaites réellement aiguiller d’autres lectrices.

  2. Marie dit : Répondre

    Bravo pour ton article ! Pour les douleurs pelviennes, je te recommande d’essayer l’acupuncture et/ou l’étiopathie qui peuvent être très efficaces.
    Quant aux moyens de contraception, il est bien dommage qu’en France, on ne nous parle toujours que de la pilule ou du stérilet alors qu’il existe d’autres moyens de contraception bien plus naturels, utilisés couramment dans des pays voisins comme l’Allemagne ou la Suisse.

  3. […] Suite à l’arrêt de ma pilule (je vous ai fait un premier compte rendu des 4 premiers mois : ici), mon corps passe par différentes phases depuis plusieurs mois. En ce moment j’en traverse […]

  4. […] Après plus de 15 ans de prise de pilule, j’ai arrêté de la prendre en décembre dernier. Je vous avais expliqué les différentes raisons dans un article détaillé : ici. […]

  5. […] Cette désobligeante poussée de boutons est la d’un dérèglement hormonal suite à l’arrêt de ma pilule. J’ai d’ailleurs écris à ce sujet, un papier sur comment soigner un acné hormonale […]

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